Madame, Monsieur,


C'est par devoir et pour mémoire que je vous prends à témoin : il s'agit d'une plainte pour harcèlement que Michel Beauchamp, vice-recteur aux ressources humaines de l'Université Laval à Québec, bloque depuis plusieurs années. Son refus d'agir pour une résolution juste et paisible et le développement délétère de ce dossier posent désormais des questions qui dépassent le caractère personnel de la plainte originale ainsi que le cadre interne de l'université.


– Comment ce dossier est-il arrivé entre les mains de Michel Beauchamp alors qu'il « relève du Conseil d'administration au lieu du Vice-rectorat aux ressources humaines » ? Ceci fait l'objet d'un courriel à Marie-France Poulin, présidente du Conseil d'administration.
– L'ombudsman de l'Université Laval a-t-il pris et reçu les moyens de traiter ce dossier de manière neutre et objective ? Ceci fait l'objet d'un courriel à Hélène Richard, ombudsman succédant à Nancy Chamberland.
– Comment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ) en est-elle venue à refuser ce dossier avec plus de deux ans de retard ? Ceci fait l'objet d'un courriel à Réal Tremblay de la CDPDJ.
– Pourquoi Lisa-Marie Gervais, journaliste pour l'éducation au journal Le Devoir, a-t-elle interrompu toute communication après avoir d'abord qualifié le dossier « digne d'intérêt » ? Ceci fait l'objet d'un courriel à Luce Julien, rédactrice en chef, et Brian Myles, directeur.


J'agis par intégrité et je réclame justice. Ce dossier est sincère et véritable. Puisse-t-il protéger d'autres victimes et servir ces valeurs fondamentales et universelles que sont la justice et son accessibilité, l'indépendance et la liberté d'information, le bon fonctionnement des institutions.


Tito Dupret


Résumé du dossier


De passage à Québec en juillet 2008 pour raisons professionnelles, je suis victime d’une fausse représentation des moyens financiers et du poste de recherche que Philippe Dubé, professeur titulaire de muséologie à l'Université Laval, m’offre afin de me lancer dans une thèse sous sa direction. Après un an de préparatifs pour venir en famille, installé depuis cinq mois seulement, je suis alors la proie de son harcèlement qui me prive peu à peu de tous mes outils pour travailler et qui se solde par son appropriation d’un essentiel budget de recherche et de la recherche elle-même. Puis, alors que j’ai quitté sa direction, il agit encore pour saboter la bourse d’étude que je viens d’obtenir.


Je réussis malgré tout à surmonter les crises, à sauver la situation et à reconstruire un projet de thèse. Je reprends le travail à zéro. Mais une rencontre imprévue et très aliénante avec l’agresseur a lieu. Je dépose alors une plainte à l’université, reçue par le directeur du Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement. Suite à quoi, au lieu de se prononcer sur le bien-fondé ou non de la plainte, Michel Beauchamp, vice-recteur aux ressources humaines, recule sur sa recevabilité et conclut à une prescription de façon inacceptable.


Sous le choc, je rechute brutalement dans l’arrêt-maladie où je suis déjà : tous mes efforts sont en effet réduits à néant par Tania Martin qui doit remplacer Philippe Dubé. D’abord elle insiste, sans doute sous sa pression, pour le maintenir sur mon comité de thèse. Ensuite elle agit contre mon relevé de notes. Enfin elle me menace formellement d’échec, sans rien qui puisse le prévoir ni le justifier. Dès lors tenu dans l’impossibilité de travailler en paix et dans la dignité depuis plus de deux ans, je suis contraint à suspendre ma bourse pour la préserver et à rentrer en Belgique en catastrophe, sans espoir de rémission rapide ni perspective professionnelle alors que j’ai charge de famille.


Ce que j’ai vécu à l’Université Laval est un traumatisme dû aux actions cumulées de Michel Beauchamp, Philippe Dubé et Tania Martin. Depuis ma violente parce qu’insidieuse exclusion de l’Université Laval, je n’ai fait que chuter dans un état post-traumatique entretenu par l’impossibilité d’accéder à la justice.


Antéchronologie du dossier


– Juin - Août 2017 : j'écris à Madame Catherine Claveau, nouvelle vice-présidente au Barreau du Québec et experte en harcèlement psychologique, qui me répond ne pas pouvoir m'aider parce qu'elle est en conflit d'intérêt.
– Avril 2017 : envoi d'une quatrième lettre d'actualités via a2L.be .
– Mars 2017 : j'écris à Michel Beauchamp, pour relater sa tentative de corruption contre ma personne via Marc-André Bulteau et Tania Martin. Pas de réponse.
– Février 2017 : envoi d'une troisième lettre d'actualités via a2L.be .
– Août 2016 : envoi d'une deuxième lettre d'actualités via a2L.be .
– Juin 2016 : remise en main propre à l'adjointe de Michel Audet, délégué général du Québec à Bruxelles, copie de mon courrier de Février 2016. Sans suite
– Mai 2016 : envoi d'une première lettre d'actualités via a2L.be .
– Avril 2016 : création sur http://www.a2L.be de Plaintes en souffrances qui a pour vocation d’accueillir des plaintes pour harcèlement irrésolues à ce jour. Le but est de soulager les victimes du poids de porter seules les torts subis et de les sortir de l’indifférence et de l’isolement où elles sont maintenues. Le but est également de pousser les autorités compétentes à remplir leur mission sans entrave.
– Mars 2016 : j'écris à Marie-France Poulin, présidente du Conseil d'administration de l'Université Laval pour qu'il se saisisse du dossier. Je place Denis Robert et Michel Audet en copie. J'envoie copie à chaque membre du CA.
– Février 2016 : Réal Tremblay de la CDPDJ soutient Manon Bonenfant sans répondre à aucune question ni offrir aucun argument. Il en est évidemment incapable. L'obstruction à ma plainte de la part du personnel de la CDPDJ ne fait plus aucun doute. Je dénonce la situation à Denis Robert et Michel Audet et demande d'être guidé vers les autorités compétentes.
– Décembre 2015 : j'écris à Monique Richer, secrétaire générale du Conseil d’administration de l’Université Laval pour qu'il se saisisse du dossier.
– Novembre 2015 : Manon Bonenfant de la CDPDJ m'assure qu'aucun échange n'a eu lieu entre la CDPDJ et l'Université Laval et maintient sa position d'octobre 2014, sans relever la mise en cause de Michel Beauchamp depuis. Je pose une série de questions que son traitement du dossier soulève. Sans y répondre, Manon Bonenfant clôt la communication et m'indique Réal Tremblay, responsable de la qualité des services de la CDPDJ.
– Novembre 2015 : j'écris au rectorat de l'Université Laval pour demander au Conseil d'administration de se saisir du dossier. Je porte plainte contre la CDPDJ au bureau des plaintes du Ministère de la Justice du Québec (qui répond tout de suite être incompétent). Des échanges ont lieu avec Lucie Allaire, présidente de l’Association des ombudsmans des universités et collèges du Canada (AOUCC).
– Octobre 2015 : j'écris à la CDPDJ pour lui demander d'accepter le dossier augmenté du courriel à Michel Beauchamp. J'écris à Hélène Richard, nouvel ombudsman de l'Université Laval pour demander des garanties que mon dossier a bien été traité de façon neutre et objective par Nancy Chamberland.
– Octobre 2015 : je réponds au courrier de Michel Beauchamp (mars 2015) en rappelant que depuis octobre 2010 : « Indépendance [est] donnée au CPIMH qui relève désormais du Conseil d'administration au lieu du Vice-rectorat aux ressources humaines ». Je demande qu'il cesse de faire obstruction à ma plainte et qu'elle soit transmise au Conseil d'administration de l'université.
– Septembre 2015 : j'en informe Denis Robert par courrier et envoie une copie à Michel Audet, nouveau délégué général du Québec à Bruxelles.
– Août 2015 : le médiateur fédéral belge me confirme que mon dossier relève des compétences de la CDPDJ.
– Juillet 2015 : échange par courrier avec Denis Robert, ambassadeur du Canada auprès du Royaume de Belgique, pour rencontrer ses services et débloquer la situation.
– Mai 2015 : le MESRS m'invite à poursuivre mes démarches auprès de l'ombudsman. Je demande aux services de celui-ci de transmettre mon dossier au Conseil d'administration de l'Université Laval. Sans suite.
– Mars 2015 : Michel Beauchamp profite de mon état pour m'adresser un courrier qui relève de l'intimidation et de la provocation. Convalescent, je ne suis pas en état de réagir.
– Février 2015 : je signale la nouvelle victime à l'ombudsman de l'Université Laval, rappelle ma plainte et les soins médicaux dont j'ai besoin. Je place le MESRS en copie. Je reçois de Nancy Chamberland, ombudsman, un refus sans justification de revoir le dossier et une fin de communication. Je subis une très lourde crise. Je reçois le secours d'une voisine. Je suis hospitalisé.
– Janvier 2015 : la CDPDJ décide d'invalider ma signature avec plus de deux ans de retard (mai et juin 2012). Ceci constitue un troisième argument fallacieux de sa part. À nouveau sous le choc des mauvais traitements subis, je m'adresse au bureau des plaintes du Ministère de la Justice du Québec qui me dirige entre autre vers le Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS).
– Décembre 2014 : je reçois un courriel d'une nouvelle victime de Philippe Dubé et de l'Université Laval. Je le signale à la CDPDJ pour verser cette information dans mon dossier et je lui demande solennellement de prendre l’initiative en vue de protéger cette personne.
– Octobre 2014 : la CDPDJ, tout-à-coup compétente, répond avec plus de deux ans de retard (mai et juin 2012) et utilise l'argument de ce retard pour ne pas se saisir du dossier. De plus elle prétend qu'il lui manque les éléments alléguant d'une discrimination, pourtant présents en détail dans la plainte originale. Le refus de traiter ma plainte est ainsi soutenu par le recours à deux arguments fallacieux.
– Septembre 2014 : cette page web /lettre-ouverte/ devient /lettre/. Suite à une information trop lourde à porter pour moi, je m'en remets à la Délégation générale du Québec à Bruxelles. Je demande à la CDPDJ de revoir sa position. Je renseigne le département des sciences historiques de l'Université Laval et le journal Le Devoir. Je demande l'aide de Wallonie-Bruxelles International ainsi que celle du médiateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
– Août 2014 : Caroline Emond me renvoie au Protecteur du citoyen qui me répond ne pouvoir intervenir auprès des établissements d'enseignement.
– Juillet 2014 : Manon Bonenfant de la CDPDJ demande mes coordonnées pour « discuter du dossier ». Incapable d’en parler, je donne mes coordonnées écrites. La Commission décide de se déclarer incompétente. Je reviens à Caroline Emond, convaincu du problème désormais institutionnel que mon dossier présente.
– Juin 2014 : par un concours de circonstances, je m'adresse à Caroline Emond, déléguée générale du Québec à Bruxelles. Cette dernière me renvoie vers la CDPDJ à laquelle je me suis déjà adressé en mai et juin 2012, mais sans réponse.
– Avril 2014 : à la lumière de cette situation, je dépose une nouvelle plainte auprès de Nancy Chamberland, ombudsman de l'Université Laval. Je reçois son refus de revoir le dossier parce que « cette information n'est pas un fait nouveau ».
– Février 2014 : je découvre par hasard la nature de l'agression dans l'ouvrage du psychanalyste Jean-Charles Bouchoux, intitulé Les pervers narcissiques (Groupe Eyrolles). Je multiplie les sources d'informations et je comprends enfin infiniment mieux ce qui est arrivé. Mon inquiétude pour les étudiants actuels grandit encore.
– Décembre 2013 : j'apprends par voie de presse que Philippe Dubé reçoit un budget public pour diriger une étude qui doit engager douze étudiants de muséologie. Très inquiet pour ceux-ci, j'alerte l'auteur de l'article et l'autorité concernée ; en toute transparence avec qui de droit à l'Université Laval. Aucun suivi.
– Décembre 2013 : malgré mes appels à l'aide pour régler cette affaire, le Fonds de Recherche du Québec décide de couper ma bourse doctorale car je ne veux plus fournir de certificat médical.
– Octobre 2013 : je renseigne le département d'histoire et l'école d'architecture, directement impliqués, de l'existence de cette lettre ouverte. Pas de réaction.
– Juillet 2013 : les médicaments qui abrutissent et la patience ne me permettent pas de reprendre le cours normal de ma vie et d'espérer honorer bientôt la bourse que j'ai reçue. Publication est faite du présent courrier sur http://www.a2L.be/lettre-ouverte/. Je préviens qui de droit. Pas de réaction.
– Mars 2013 : le Fonds de Recherche du Québec me demande un certificat médical pour le maintien du report de ma bourse doctorale. Je le fournis.
– Juin 2012 - février 2013 : entre chutes et rechutes, j'entreprends des démarches pour accéder à la justice : l'Association des étudiants AELIES, l'Aide juridique de Québec, le Protecteur du citoyen, la CDPDJ, la Commission des normes du travail du Québec. Force m'est de constater que personne ne peut ou ne veut ouvrir ce dossier que rien ne vient contredire à ce jour. Je constate par ailleurs que la presse n'est pas libre : par exemple, alors que j'ai assuré un suivi régulier et transparent auprès du journal Le Devoir depuis décembre 2011, il m'est d'abord répliqué que mon dossier est "digne d'intérêt" puis plus rien malgré mes questions. J'apprends plus tard par hasard qu'Isabelle Porter, correspondante du journal pour Québec est la fille de John Robert Porter, président du conseil d'administration de l'Université Laval. Je lui demande si elle est intervenue dans mon dossier : pas de réponse.
– Juin 2012 : réception d'une mise en demeure de la part du Syndicat des professeurs de l'Université Laval pour m'imposer le silence. Je réponds en offrant des solutions et en me tenant à la disposition de la justice québécoise. Sans suite.
– Mai et juin 2012 : Je m'adresse à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ). Pas réponse malgré un rappel un mois plus tard pour savoir si mon dossier relève bien de ses compétences.
– Avril 2012 : courriel à l'attention de Denis Brière, recteur de l'université, pour qu'il confirme ou infirme les conclusions du vice-recteur. Annonce de la possibilité d'une lettre ouverte. Pas de réponse.
– Janvier 2012 : je suis contraint à un retour en catastrophe en Belgique avec ma famille. Ceci pour sauver ma bourse d'étude et prendre le temps de me soigner.
– Décembre 2011 : en réponse à mon alerte à Stéphane Baillargeon, journaliste au journal Le Devoir, je reçois un courriel de Lisa-Marie Gervais, journaliste en charge de l'éducation, indiquant : « votre histoire est digne d'intérêt ». Puis plus rien malgré mes questions ainsi qu'un suivi régulier et transparent.
– Décembre 2011 : courriel à Tania Martin, nouvelle directrice de thèse, afin de questionner son attitude à mon égard. Pas de réponse. Y compris à propos d'un travail de recherche initié et non payé. [ PDF 6 – 4 pages ]
– Novembre 2011 : des responsables de l'université s'expriment dans le journal Le Soleil à propos de la relation entre étudiants et superviseurs. Extrait : « C'est pas compliqué, ils ont droit de vie ou de mort sur toi, tranche une doctorante en génie, qui préfère elle aussi garder l'anonymat, pour ne pas s'attirer de représailles ». [ PDF 5 – 2 pages ]
– Novembre 2011 : je me rends chez Nancy Chamberland, ombudsman de l'université, afin d'expliquer pourquoi les conclusions sont inacceptables. Sans résultat. [ PDF 4 – 4 pages ]
– Octobre 2011 : après échanges avec ses services, des conclusions sont fournies par Michel Beauchamp, vice-recteur aux ressources humaines. [ PDF 3 – 4 pages ]
– Septembre 2011 : j'apprends de trois sources fiables et indépendantes que Philippe Dubé annonce autour de lui qu'il prend sa retraite.
– Août 2011 : démonstration est faite de l'incohérence et malhonnêteté de la réplique. [ PDF 2 – 6 pages ]
– Juillet 2011 : une réplique est produite par le professeur mis en cause.
– Mai 2011 : plainte pour harcèlement psychologique contre Philippe Dubé, directeur de thèse et de laboratoire, est reçue à l'université par le Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement (CPIMH). [ PDF 1 – 16 pages ]

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